Le billet de Jérôme : L’IMC

L’IMC ! 3 initiales obsédantes…qui pourtant ne valent pas grand-chose.

Pour obtenir cet indice il suffit de diviser le poids du corps en kilos par la taille en mètre au carré.

Grâce à ce calcul on pouvait facilement manier des données morphologiques sur de larges populations. Cet indice fut même adopté par l’OMS en 1997 comme standard officiel pour évaluer les risques de mortalité liés au surpoids (obésité) ou à la malnutrition (famine, anorexie).

Et cet indice ne date pas d’hier, il portait d’ailleurs le nom d’indice Quételet (nom de son inventeur dans les années 1840) jusqu’en 1972.

Une personne normo-pondérée se situe entre 18,5 et 24,9. En dessous vous êtes dans la maigreur (comprenant 5 grades), au dessus vous êtes en surpoids (3 grades).

Voyons :

En 2013 une méta-analyse portant sur près de 100 articles pour un effectif de 2,88 millions d’individus dont plus de 270 000 sont décédés durant la durée de l’étude publiait des résultats sur le sujet :

La mortalité des grades 2 et 3 de l’obésité était plus importante qu’avec un IMC normal. Rien de très surprenant. Les personnes les plus lourdes sont également plus sujettes à des pathologies comme le diabète, le cancer, ou les accidents cardio-vasculaires.

En revanche, il n’y aurait pas beaucoup de raison de craindre un surpoids plus modéré. Au contraire. Dans la catégorie des personnes dites en surpoids (25 à 29) ou mêmes obèses (30 à 34,9) on ne remarque aucune surmortalité. Mieux même ! Les chiffres révèlent une baisse de 5% par rapport aux plus maigres (IMC entre 18 et 25) !

En clair, cela signifie que les plus hautes instances mondiales de la santé utilisent depuis plus de 20 ans un indice de prédiction de la mortalité qui ne repose sur rien de valable.

Explications :

D’abord il fallait effectuer des calculs à la main, donc pas question de manier des exposants trop compliqués. La mesure au carré a donc été choisie. Toutefois cela pose problème au plan conceptuel car l’exposant au carré de la taille ne révèle pas l’aspect tridimensionnel de l’humain. Comme si l’homme était plat. Pour Nick Trefethen, professeur de mathématiques à l’Université d’Oxford remplacer le carré par un cube ne résoudrait pas totalement le problème. En effet il faut tenir compte des particularités de la morphologie humaine qu’on pourrait se représenter comme des cylindres de différents diamètres emboîtés les uns dans les autres, soit des volumes différents difficilement comparables aux polyèdres réguliers utilisés en arithmétique. D’autres indices et variables furent donc proposés (sexe, groupe ethnique…). Le gros problème c’est que tous ces indices ne disent rien de la constitution de l’individu. Un IMC peut cacher deux silhouettes qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre. Il est incapable de différencier la graisse du muscle. Il se pourrait même que l’avantage en matière de santé que confère un léger surpoids soit en réalité la conséquence de cette mauvaise interprétation. L’âge joue également un rôle : au cours d’une vie on s’aperçoit que l’IMC stagne à partir de 40 ans. Génial !!  Sauf que la corpulence ne cesse d’évoluer, les dos se voûtent, la bedaine pousse…On perd du muscle et les adipocytes gonflent. Mais l’IMC ne voit rien car la perte de masse d’un côté est compensé par les excès de l’autre.

Deux chercheurs, Nir et Jesse Krakauer, ont inventé une mesure (ABSI : a body shape index ; en français  « l’indice de la silhouette ») en faisant intervenir une variable essentielle : la circonférence abdominale. Elle se mesure ainsi : tour de taille/(IMC 2/3  x Taille ½).

La nouveauté de cet indice ne permet pas encore de mettre en place des catégories mais offre de magnifiques perspectives novatrices dans son lien avec le taux de mortalité.

Ainsi entre 2 individus présentant le même IMC de 26,3 mais avec 2 hygiènes de vie radicalement différentes : d’un côté un solide athlète endurant pratiquant la musculation et des séances par intervalles à hautes intensités et de l’autre un sédentaire regardant le sport à la télé suivant un régime pizzas et bières on obtient une probabilité de décès 20% moins élevée que la moyenne pour l’athlète alors que le sédentaire a 2 fois plus de chances de mourir que la moyenne des individus de son âge !

Il est donc peut-être temps de changer de vie puisque l’IMC est à la tête du client !!

Source : sport et vie N° 159

 


jerome-photo  Jérôme Dutot

Coach et préparateur sportif

sportetcoaching.fr

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